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Dimension 45 – septembre 2017
Ralf Coussée et Klaas Goris – Coussée & Goris architectes
« Le temps a toujours été notre allié »
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Site de Portus, Gand. Concours remporté (2015) pour la transformation de la tour Belgacom et du site en un ensemble mixte résidentiel, horeca et hôtel, en partenariat avec le bureau d’architecture et d’urbanisme GAFPA. Partenaires : Studieburo Mouton, Exedra et Groep Omgeving. « Ce sera un de nos plus beaux projets. Nous avons l’occasion unique de créer, dans notre propre ville et au bord de l’eau, un immeuble vertical qui fera pendant à notre bibliothèque horizontale du Waalse Krook. »

Halles Van Gendt, Amsterdam (Pays-Bas). Concours remporté (2014) pour la transformation d’un hall ferroviaire en espace professionnel pour le fabricant de poussettes Bugaboo, en partenariat avec le bureau d’architecture et d’urbanisme GAFPA. Bureaux d’ingénieurs : BV bouwadvies Strackee / LBP Sight / Ingenieursburo Linssen. Les travaux sont provisoirement suspendus.

Centre nature du Zwin, Knokke-Heist. C’est en 2011 que Coussée & Goris architectes ont remporté, avec le bureau d’architecture et d’urbanisme GAFPA, le concours pour un centre de visiteurs, l’infrastructure adjacente et le centre d’observation. Engineering : Studieburo Mouton, Kahle acoustics. Conception paysagère : Atelier Veldwerk, Sweco. Concept de l’exposition : Madoc, Koen Van Synghel. Projet sélectionné pour le Mies van der Rohe Award 2016.

Le Waalse Krook, Gand. C’est en 2009 que Coussée & Goris architectes et RCR Aranda Pigem Vilalta Arquitectes ont remporté le concours pour une nouvelle bibliothèque municipale au cœur de la ville. Bureaux d’ingénieurs : Studieburo Mouton, VK Engineering. Architecture paysagère : TV Coussée & Goris / RCR en partenariat avec Technum.

Site du Canal, Wijnegem. Reconversion de quatre immeubles existants en fonctions résidentielles et professionnelles, en partenariat avec le Studieburo Mouton et Michel Desvigne Paysagiste (architecture paysagère). Conception 2007, exécution 2008-2016. Ce projet a reçu le FSC Award 2015.

Crématorium Hofheide, Holsbeek. Lauréat d’un concours international en 2006, avec RCR Aranda Pigem Vilalta Arquitectes. Ce projet a été sélectionné pour le Mies van der Rohe award en 2014 et a remporté le prix provincial d’architecture ‘Patrimonium voor de toekomst’ en 2015. Reconnu par The Culture Trip en 2016 comme l’un des 10 bâtiments belges les plus marquants, et gagnant de l’Architizer award dans la catégorie Religious Buildings & Memorials. A remporté, toujours en 2016, le NAN Prize de meilleur projet étranger d’un studio espagnol. En 2017, ce projet a reçu l’European Architecture Award dans la catégorie Industry.

Domaine récréatif De Boerekreek, Sint-Jan-in-Eremo. Marché acquis par appel ouvert (2003). Ce projet a obtenu plusieurs prix et a été sélectionné pour le Mies van der Rohe award 2009. (Photo : Stijn Bollaert)

Transfo, Zwevegem. Concours fermé (2007) pour la réaffectation d’une centrale électrique, en partenariat avec RCR Arquitectes. La dernière phase (pose d’une cloche en verre autour du bâtiment) est prévue prochainement. (Photo : Stijn Bollaert)

’t Casteelken, Roulers-Rumbeke. Nouvelle façade et agrandissement d’un magasin d’ameublement implanté dans une ancienne usine de conserves. Conception 2002-2003, exécution 2003-2004. (Photo : Wim Van Nueten)

En 2007, année où ils ont reçu le prestigieux Cultuutprijs Vlaanderen voor Architectuur, Coussée & Goris architecten ont remporté avec RCR Aranda Pigem Vilalta Arquitectes, grâce au projet The Edge, le concours pour un complexe de bureaux, résidentiel et commercial à Dubaï. La crise a empêché le projet de voir le jour.
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Ces derniers mois, Coussée & Goris architectes ont littéralement été inondés de prix. Leur crématorium de Holsbeek a décroché l’European Architecture Award dans la catégorie Industry. Ils ont reçu le prix Jo Crepain de la carrière pour leur oeuvre. ll s’agit des énièmes récompenses pour un cabinet d’architecture pas comme les autres.
« Le temps a toujours été notre allié. Nous ne sommes jamais tombés dans l’impatience; nous avons toujours poursuivi notre travail tranquillement, convaincus que les résultats finiraient par suivre. C’est ainsi que notre travail a peu à peu grandi. » L’architecture comme métier d’art est ancrée dans l’histoire familiale des deux architectes. Ralf Coussée (1959, Roulers) est le fils d’un entrepreneur pour qui l’architecture devait être ‘bien construite’. Il doit son sens de la poésie inhérent à la construction à sa mère germanophone, dont les rêves de devenir architecte d’intérieur ont volé en éclats à cause de la guerre. La grand-mère maternelle de Klaas Goris (Bruxelles, 1960) avait un grand atelier de vêtements pour enfants. Son père, camarade d’études et ami de Pieter De Bruyne, était issu de plusieurs générations de ferroniers et enseignait l’architecture d’intérieur.
Tous deux ont fait leur architecture à l’académie Saint-Luc – Ralf Coussée à Gand, Klaas Goris à Bruxelles. Faute de stages intéressants au milieu des années 1980, à l’époque où la crise de la construction faisait rage en Belgique, ils décident de partir à l’étranger après leurs études. Ralf Coussée va suivre, à Salzbourg, l’académie d’été d’éducation plastique du professeur et architecte Wilhelm Holzbauer et de son assistant François Valentiny. Fasciné par la manière dont ils présentent graphiquement leurs projets, il leur demande s’il est possible de venir travailler avec eux en Autriche. L’occasion ne se présente pas immédiatement, mais lorsque Ralf Coussée part pour Vienne après l’académie d’été, il y trouve grâce à Valentiny une place au bureau du professeur et architecte Rob Krier. Il s’y retrouve plongé dans les préparatifs de l’Internationale Bauausstellung Berlin, le merveilleux laboratoire d’alchimiste du gratin international de l’architecture. Par la suite, il intègre le bureau Hermann & Valentiny.
« Nous trouvons que le processus de construction est vraiment passionnant. L’un de nous suit chaque chantier. Si nous cessions de le faire, une partie importante de notre travail disparaîtrait. »
Après ses études, Klaas Goris part pour Milan muni d’une bourse du consulat italien, afin d’y suivre un cursus complémentaire en architecture paysagère au Politechnico. Mendrisio (Tessin) n’est qu’à un jet de pierre, et c’est là qu’il participe notamment à la réalisation d’une école de design privée à Coldrerio pour la célèbre dynastie du textile Schlaepfer, de Saint-Gall. Il n’aurait sans doute plus jamais quitté le Tessin, qui était à l’époque le berceau de la très réputée architecture suisse, si son service militaire ne l’avait pas rappelé en Belgique.
Rencontre lointaine
Lorsque Ralf Coussée est sollicité pour accompagner l’aménagement de la place Schuman à Luxembourg pour le compte de Hermann & Valentiny, il faut lui trouver un remplaçant à Vienne. Ralf demande donc à son promoteur, Christian Kieckens, s’il connaît un candidat adéquat. Ce dernier recommande un élève de son ami et maître Pieter de Bruyne, un certain Klaas Goris. Le lien se noue sans que les deux hommes ne se soient jamais vus.
La première rencontre physique est, à nouveau, le fait de Christian Kieckens, qui va les présenter à l’occasion d’une des expositions de sa Fondation Architectuurmuseum S/AM, qui est un peu la mère de la culture architecturale en Flandre.
Et c’est Bacob – la banque qui, sous l’impulsion de Michel Mast et Karel Vandereycken, va offrir aux jeunes architectes de talent la chance de développer l’architecture contemporaine – qui va faire germer la collaboration. Parmi les heureux élus se trouvent Ralf Coussée et Klaas Goris, qui ont chacun à l’époque leur propre cabinet, l’un à Roulers et l’autre à Bruxelles (puis Meise). Un beau jour, Klaas Goris est invité à réaliser un projet pour Bacob à Pittem. Étant donné la distance géographique et linguistique, il cherche l’aide d’un comparse – ce sera Ralf Coussée. C’est le début d’une collaboration occasionnelle.
En 1998, ils décident de l’intensifier et achètent, pour leur bureau commun, un des immeubles décatis des anciennes filatures UCO, non loin de l’actuel palais de justice de Gand.
Concours : l’apprentissage
« Notre travail pour Bacob nous avait valu l’un ou l’autre prix, grâce auxquels d’autres groupes financiers ont fait appel à nous. Entretemps, le secteur connaissait une phase de mondialisation qui se reflétait dans une uniformisation architecturale. À la reprise de Bacob, les précurseurs d’une architecture contemporaine ont suivi le mouvement. Nous avons alors mis volontairement un terme à ce type de marché pour nous concentrer sur les maisons particulières, qui constituaient à l’époque un important volet de nos activités. »
En 1999, Bob Van Reeth devient le premier Maître-architecte flamand et l’appel ouvert voit le jour. « Contrairement au nouveau contingent de jeunes architectes, nous n’avions aucune expérience des concours, ce qui nous a valu quelques ratés. Sachant que les déceptions étaient lourdes de conséquences financières, nous avons décidé de renoncer définitivement aux concours...
« En architecture, il s’agit toujours de protection, comme des vêtements. Mais si les vêtements sont proches de la peau, l’architecture en est plus distante. »
Jusqu’à ce que De Boerekreek se présente. « Un immeuble dans un si bel environnement ? Cela nous rappelait la Riva San Vitale sur le Lac de Lugano, de Mario Botta. Il aurait d’ailleurs préféré ne pas construire, mais avait fini par accepter pour éviter pire. On s’est dit : essayons tout de même. » Ce complexe pour jeunes et récréatif a non seulement marqué le coup d’envoi pour des travaux de plus grande ampleur, mais par la suite, le bureau a remporté la quasi-totalité des concours auxquels il participait. Le secret ? « Nous ne répondons qu’à des demandes auxquelles nous pouvons apporter une réponse puissante, poétique et paysagère. Un projet doit être passionnant. Nous n’imaginons pas de concevoir un autre crématorium après Hofheide, sauf s’il se trouve dans un endroit unique, par exemple. Refaire l’analyse de chaque programme demande un gros travail d’étude, mais c’est précisément ce qui nous permet de présenter des solutions différentes. » Jusqu’à présent, Klaas Goris, qui est aussi, depuis 1992, professeur à l’Académie Saint-Luc Bruxelles/Gand, se charge de la rédaction et de la mise en page de tous les dossiers de concours. C’est un fameux travail, non ? « Oui, mais nous l’effectuons tout en travaillant sur le concours, de manière à essayer de comprendre ce que nous faisons. »
Architecture de dialogues
Pour Coussée & Goris, l’architecture est une forme d’introspection. « Être capable de bien faire quelque chose relève du physique, on l’a en soi. Enfants de la modernité, nous poursuivons une quête de ce que cela signifie pour nous, en appliquant un nombre limité de techniques et d’éléments architecturaux. Un jeune architecte se lance avec un sac à dos bien garni, mais plus on monte, plus on l’allège. Nous ne reculons pas non plus devant la répétition. Par exemple, la boîte dans la boîte, ou la cloche en verre sont des éléments connus de notre langage architectural. Il s’agit toujours de protection, comme des vêtements. Mais si les vêtements sont proches de la peau, l’architecture en est plus distante. Chercher la poésie dans l’espace et la lumière intermédiaires, en créant les bons équilibres entre, par exemple, le monumental et l’intime : voilà ce qui nous intéresse. Ces dialogues résonnent à travers l’ensemble de notre oeuvre. »
Une oeuvre qui se distingue notamment par le nombre relativement important d’immeubles industriels. « Ces missions ne nous ont jamais rebutés. Nous nous y sommes d’ailleurs bien plus investis que dans nos maisons. Construire rapidement et de manière économique, le préfabriqué, le gros oeuvre comme résultat final, tous ces éléments ont fortement influencé notre travail. Nous avons toujours réfléchi à la manière dont nous pouvions tirer un parti maximal d’une mission simple en apparence, ce qui nous a donné l’occasion de développer et d’affiner notre architecture. »
L’architecture devient structure
L’interaction avec les autres partenaires de la construction est elle aussi importante. « Nous trouvons que le processus de construction est vraiment passionnant. L’un de nous suit chacun de nos chantiers. Si nous cessions de le faire, une partie importante de notre travail disparaîtrait. Grâce aux discussions sur le chantier, les idées ou les solutions se présentent plus rapidement. Notre travail évolue encore beaucoup dans la phase de chantier. »
Pour les architectes, la structure du bâtiment, et donc la relation avec l’ingénieur, joue un rôle essentiel dans la quête de poésie. « Nous travaillons depuis de nombreuses années avec Guy Mouton. Nous cherchons ensemble la meilleure solution sur le plan de l’architecture et de la stabilité, sans qu’une des deux parties ne cherche à s’affirmer. Nous parvenons ainsi à des solutions surprenantes dont personne ne sait plus si elles relèvent de l’architecture ou de la structure, ni qui a formulé l’idée en premier. Regardez les colonnes de la grande salle d’exposition du Zwin, la charpente portante du manège de De Boerekreek, les plafonds exempts de poutres transversales et l’auvent métallique du crématorium de Hofheide, la manière dont certains éléments suspendus du Waalse Krook se prolongent sur trois étages pour créer l’ouverture et la liberté de mouvement. Parfois, un immeuble est entièrement structure, comme le Waalse Krook où les peintures et revêtements muraux sont inexistants. »
La collaboration avec d’autres bureaux reste limitée. « Il nous arrive de travailler avec des gens qui ont commencé chez nous, mais cela ne va pas plus loin. RCR Arquitectes, qui sont des amis depuis plus de trente ans, constituent l’exception proverbiale. Nous nous sommes rencontrés en 1995 à la remise des Euro-Belgian Architectural Awards. À l’époque, nous avons mangé un morceau et fait des excursions ensemble pendant quelques jours. Par la suite, le lien s’est renforcé lors de vacances en Espagne, et nous avons commencé à suivre nos travaux respectifs. Il était logique que nous en arrivions à envisager de coopérer. Nous avons remporté ensemble les concours pour le crématorium Hofheide à Holsbeek, Transfo à Zwevegem, The Edge à Dubaï (qui, malheureusement, n’a jamais vu le jour à cause de la crise), et le Waalse Krook. »
Le maître d’ouvrage, partenaire du processus
Le maître d’ouvrage est un autre facteur déterminant du processus de construction. « Nous avons la chance d’être généralement sollicité par des donneurs d’ordres solides. Chez nous, ils jouent un rôle important dans le processus. Nous avons toujours cultivé cet état d’esprit. Ce n’est pas un hasard si bon nombre de nos donneurs d’ordre sont architectes, comme le galeriste de Zeno X et notre interlocuteur chez Belgacom pour le site du Portus. Ces derniers temps, nous travaillons beaucoup pour des artistes, qui possèdent eux aussi une vision tridimensionnelle très développée et pour qui la lumière et l’espace sont essentiels. Leur vision et leur idées influencent indirectement notre travail, ce que nous trouvons par ailleurs très intéressant. »
En contrepartie, les architectes attendent du maître d’ouvrage qu’il respecte ce qu’il reçoit et en prenne soin par la suite. « Certains donneurs d’ordre ne voient qu’un programme à remplir, alors qu’un bon immeuble est bien plus que cela. Pour nous, transmettre cette conviction fait partie de la tâche du maître d’ouvrage. Nous sommes très fermes sur ce point depuis quelque temps. Nous estimons qu’un maître d’ouvrage ne peut apporter aucune modification au bâtiment dans les dix années qui suivent la livraison, ni demander à un architecte d’intervenir dessus. S’il le fait, notre responsabilité décennale tombe, du moins en principe. Si vous bidouillez les circuits électriques de votre voiture, la garantie disparaît, n’est-ce pas ? Le suivi est un concept important pour nous, pas tellement du point de vue technique mais pour ce qui touche au fonctionnement du bâtiment. Si le Waalse Krook continue à attirer beaucoup plus de visiteurs que prévu, nous aimerions être impliqués dans la réflexion sur la réponse à fournir. C’est au Zwin que nous avons pour la première fois fixé explicitement cette convention. Mais elle n’est pas acceptée partout. Certaines personnes ne se rendent pas compte de ce qu’elles reçoivent et de la valeur ajoutée que l’architecte apporte. Elles le considèrent comme un mal nécessaire, ou ne perçoivent que la valeur ajoutée commerciale. Le risque est de voir cette spirale s’accélérer si les architectes tombent dans le piège. Ce qui, clairement, n’a jamais été notre choix. C’est pourquoi nous ne recherchons pas non plus les PPS, car l’aspect commercial y joue en général un rôle déterminant. »
Le prochain défi
Qu’y a-t-il au programme ? La transformation de la tour Belgacom est un défi de taille, avec des travaux dont le début est prévu en 2020 ou plus tard. En attendant, deux projets dormants ont été réactivés. Le premier est la réalisation d’une coupole de verre autour du Transfo à Zwevegem, une intervention suspendue après que le pouvoir local ait provisoirement changé de mains. L’autre concerne un immeuble de bureaux pour Loveld, les spécialistes du béton dont les solutions préfabriquées se retrouvent notamment dans l’extension du New Tate Modern (Herzog & de Meuron) ainsi ou encore plusieurs tours de la City londonienne. Coussée-Goris architectes avaient remporté ce marché lors d’un concours fermé, mais les circonstances ont retardé sa réalisation. En plus du bâtiment, ils ont aussi conçu un élément de béton qui permettra à l’entreprise de marquer son terrain, et qui illustrera l’expertise maison.
« Après 30 ans de pratique de l’architecture, il faut se demander ce que l’on a encore envie de faire. L’univers des arts constitue un de nos intérêts personnels. Nous y avons de bons contacts, et un certain nombre d’amis qui ont évolué avec nous dans leur travail et nous confient aujourd’hui des missions. À cet égard, l’aménagement de la galerie Zeno X n’a certainement pas manqué de donner un nouvel élan. Pour le reste, nous avons fait une pause pour reprendre quelques fils qui traînaient depuis un moment. Une suite de notre premier livre, qui date de 2006, paraîtra en 2018. Nous y travaillons avec Christian Kieckens, un des observateurs les plus critiques du monde de l’architecture et de la culture. C’est aussi avec lui que nous préparons l’exposition Natura Naturans pour deSingel. Par ce concept, Spinoza posait qu’il faut chercher en soi-même ce que l’on veut exprimer sous forme artistique ou autre. Il y aura aussi d’autres conférences, car la demande a été formulée. Et pendant ce temps, nous pourrons nous préparer à un prochain concours. »
« Nous ne recherchons pas les PPS, car l’aspect commercial y joue en général un rôle déterminant. »
De quoi s’agira-t-il ? « Les bâtiments publics et autres thèmes exigeants continuent bien entendu à nous intéresser, et cadrent avec notre engagement social d’architectes. Nous n’avons pas construit le Zwin pour nous, mais bien pour les générations qui viendront y apprendre à mieux connaître la nature. C’est la même chose pour le Waalse Krook. L’avantage des projets publics de la ville où l’on vit, c’est qu’on peut soi-même en faire usage. »
Le logement social ne s’inscrit-il pas parfaitement dans ce tableau ? « Oui, ce type de marché nous colle pour ainsi dire à la peau. Il est possible d’accomplir beaucoup de choses en jouant sur la répétition des éléments de construction, les plans etc. L’utilisation de matériaux plus rudimentaires et robustes serait aussi une bonne chose pour le secteur, car certaines habitations sont véritablement au bout du rouleau. Et la question de savoir comment on peut faire évoluer les habitants nous paraît aussi très intéressante. Mais nous devrions pouvoir y réfléchir tout à fait librement, sans cahiers des charges ni règles rigides. Est-ce réaliste ? C’est une autre question. »
Par Colette Demil et Staf Bellens
www.coussee-goris.com
Conseils agenda : Ce 21 novembre, Carme Pigem de RCR Arquitectes donnera une conférence A+ à Bozar, Bruxelles.
Du 23 février au 10 juin 2018, deSingel présentera l’exposition Natura Naturans de Coussée-Goris architectes.