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Dimension 58 – novembre 2020
“L’architecture est vécue dans le temps, pas consommée”
LAVA Architecten – Pieter Meuwissen, Tomas Liekens et Thomas Delauré
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Le projet Reyselbergh et ses 47 appartements en résidence nichés en flanc de colline, en face du campus de soins Dommelhof à Tielt-Winge. Grâce au concept à petite échelle, à la brique de parement au ton nuancé rouge brun, aux accents en béton et bandes de maçonnerie, les logements s’intègrent naturellement au bâti environnant. Accessibles via une toiture végétale au-dessus du parking, les logements possèdent une ou plusieurs terrasses et combinent un vaste espace et de hauts plafonds. Copyright Claar.

Dans le quartier du Vaartkom, ancien site industriel autour du Vaart et de la Dijle, lieu emblématique pour les Louvanistes, LAVA Architecten développe le projet DijleDelta et cée un nouveau quartier urbain vert. L’ancien château d’eau a été transformé en quatre logements, trois nouveaux immeubles à appartements ont été construits (dont un en collaboration avec SVR Architects), des bureaux ont été rénovés et des logements (étudiants) ont vu le jour avec des ateliers de fabrication et d’apprentissage.



A l’ombre de l’église de Lozen (Bocholt), LAVA Architecten a construit une école maternelle et primaire passive. L’ancien presbytère et la maison du maître d’école, deux bâtiments protégés, ont été réaffectés respectivement en une garderie extra-scolaire avec des salles de réunion pour l’action de quartier et un bâtiment de direction. A côté du cimetière, une nouvelle pleine de jeux a été suggérée. L’emplacement de deux écoles crée un tampon face à la route nationale très fréquentée et ouvre autant que possible le domaine public et les aires de jeux du parc. En dehors des heures scolaires, l’espace extérieur reste accessible au public.


Le master plan du Campus Dommelhof dans le village de Tielt-Winge comprend un centre de logements résidentiels avec un bistrot, un centre médical et une structure de jour. Pour créer une atmosphère chaleureuse, les architectes ont imaginé l’ensemble tel un village de soins, avec des entités clairement identifiables et un circuit autour de la place du village. Une grande attention a été portée à la neutralisation des barrières physiques et psychologiques. Un projet distingué par le Prix 2018 ‘Waterrobuust bouwen’ de la province du Brabant flamand.

A Malle, LAVA Architecten a étendu son ancien projet Huize Walden avec Bussum, un complexe abritant des studios pour des personnes souffrant de graves handicaps physiques et mentaux et des appartements pour les soignants proches. Ce concept de soins innovant a reçu l’IC2-award en 2015, a été sélectionné en 2018 par le gouvernement flamand en tant que ‘forme d’habitat expérimentale’ et a décroché le Belgian Building Awards 2019 dans la catégorie ‘New Way of Living’.

Le bureau de police à Landen bénéficie d’un langage architectural adéquat : convivial et accessible, mais doté d’une autorité et d’une représentativité suffisantes. Lauréat du ‘Prix Acier Prélaqué’ du Concours Construction Acier 2016 d’Infosteel.

A Mol, le commissariat de police est construit à l’arrière du terrain avec un parking souterrain, afin de créer un espace public à l’avant. Le bâtiment est placé sur un socle pour éviter le clôturage obligatoire. Des atriums à double hauteur et un toit-terrasse aux styles typiques structurent la circulation interne.

Le centre communautaire De Rinck à Anderlecht était jadis une succession de bâtiments. LAVA Architecten lui a donné une nouvelle orientation. Le monument protégé à l’angle de la rue a retrouvé son ancienne fonction d’estaminet. L’aménagement d’une rue intérieure et de nouveaux éléments, parfois derrière une façade préservée, résulte en quatre volumes compacts, entrecoupés d’espaces extérieurs offrant de la lumière et des perspectives en suffisance. Les touches artistiques sous forme de projection de lumière et de peinture murale supportent l’architecture.

A Asse, LAVA Architecten construit un commissariat de police à haut degré de circularité. Il s’agit d’un bâtiment relativement bas dont l’impact visuel est limité, qui s’intègre harmonieusement dans l’environnement. Un étage en retrait et des incisions profondes génèrent de grandes baies vitrées et des terrasses extérieures, et la lumière pénètre jusqu’au cœur du bâtiment.

A l’école primaire Spring in ‘t Veldeke à Sint-Agatha-Rode, l’espace circulatoire au sein des pavillons est élevé au rang de salle polyvalente ou limité à un sas d’accès compact. L’école est ainsi débarrassée des couloirs classiques et profite d’une variation de lieux transformables, appropriés et utilisés de diverses manières. La structure polyvalente du plan limite la fonction portante des murs entre les locaux et l’espace circulatoire. Lorsque que toutes les cloisons intermédiaires sont ouvertes, le pavillon maternel devient un vaste espace couvert dédié aux jeux et à l’apprentissage.
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Un rendez-vous chez LAVA Architecten est une plongée dans l’histoire. L’atelier de travail à la Parijsstraat à Leuven a un genius loci unique. C’était autrefois la maison de ville de Hendrik Rega, professeur de médecine et recteur de l’Université de Leuven, à l’époque des Pays-Bas des Habsbourg. Hendrik Rega fit agrandir les halles universitaires avec une aile portant son nom (1723-25), aménagea le premier jardin botanique pharmaceutique (1738) à Leuven et donna l’ordre de construire le théâtre anatomique (1744). Nous avons aujourd’hui rendez-vous avec les administrateurs Pieter Meuwissen, Tomas Liekens et Thomas Delauré pour un entretien hic et nunc.
Qui dit hic et nunc, dit corona. « Nous avons profité du confinement pour étudier les nombreux marchés publics, poser notre candidature pour des missions intéressantes et préparer des dossiers de concours. Actuellement, nous nous concentrons sur les chantiers en cours ou ceux en démarrage et à la recherche. Nous venons de recevoir le feu vert pour la restauration et la réaffectation de l’Institut Rommelaere à Gand, un bâtiment néo-gothique de l’architecte urbaniste de l’époque, Louis Cloquet. A cet égard, nous avons conclu un partenariat avec le spécialiste de la restauration Team Van Meer, le bureau d’études Bollinger+Grohmann pour la stabilité et Studiebureel Heedfeld pour les techniques. Le programme englobe notamment des facilités pour la formation, les réunions et les réceptions, un restaurant pour les étudiants et des bureaux. Ce bâtiment remarquable, au sein duquel l’architecte de l’époque a déployé tout son savoir, offrant une durabilité contemporaine et une accessibilité intégrale, est un très beau défi. »
Qu’y a-t-il d’autre au planning? Plusieurs projets à Leuven comme le lancement de Parksite, un centre culturel et éducatif neutre en CO2 intégrant un ancien monastère de Victor Broos datant des années ’30, et dont l’ancienne chapelle doit devenir une salle de théâtre, et la construction d’un bâtiment passif. Il y a aussi le développement du projet DijleDelta avec la transformation de l’ancien château d’eau des brasseries Artois en quatre logements et la construction d’un complexe d’appartements, et le projet de nouvelle aile de l’Institut Paridaens, dans le cadre des Ecoles de Demain.
“L’architecture doit générer un espace à dimension sociale, qui stimule un large éventail d’activités humaines.”
De l’annexe arrière au premier étage
Mais retournons brièvement en arrière. La source de création de LAVA trouve son origine en 2008, lorsque Pieter Meuwissen et Leo Van Broeck décident de scinder leur cabinet d’architectes VBM et de partager les projets en cours. « Nous avons commencé ici, dans l’annexe arrière, avec quatre associés qui se connaissaient du cabinet précédent, et deux collaborateurs. Wim Goossens, la quatrième personne du quatuor, a suivi une voie académique quelques années plus tard. Suite à une croissance régulière, nous avons emménagé en 2012 au premier étage de ce bâtiment, en emportant le mobilier que nous avions conçus, un beau moment. L’équipe compte une vingtaine de personnes : des architectes, des ingénieurs-architectes, un architecte d’intérieur, un planificateur de l’espace et une personne pour l’administration. »
Si la poursuite de la croissance n’est pas une fin en soi, elle n’est par définition pas exclue. « Nous visons les grands projets avec un haut degré de complexité dans la construction de logements, les logements sociaux, la culture, les soins de santé, les écoles et les lieux de travail. Pour pouvoir gérer de telles missions, nous privilégions la collaboration avec d’autres cabinets d’architectes. Les motivations sont diverses : remporter des missions urbaines passionnantes, acquérir de l’expertise, présenter les bonnes références aux concours, limiter les déplacements vers des chantiers éloignés. »
Philosophie de conception
A l’occasion des dix ans d’existence, les administrateurs de LAVA ont pris le temps de réaliser un exercice de réflexion qui a donné lieu à une explicitation de leur philosophie de conception implicitement présente. Le fruit de la démarche est résumé dans un livret ludique (“LAVA is dada”) dont le titre de cette contribution est extrait. Ces réflexions conceptuelles sont également publiées sur le site web. « L’architecture doit générer un espace à dimension sociale, qui stimule un large éventail d’activités humaines. Nous détricotons toujours un projet pour isoler l’adn avant de lui donner forme. Pour ce façonnage, nous fragmentons chaque mission en un module à taille humaine – une classe dans une école, une chambre dans un établissement de soins – suffisamment petit pour une conception compacte. Cela permet d’obtenir beaucoup plus d’espace libre, afin que les grands projets ne deviennent jamais des constructions d’envergure mais s’intègrent harmonieusement dans le tissu urbain. Une caractéristique de nos projets est le caractère de renforcement communautaire. A Mol par exemple, nous avons délibérément placé le bureau de police à l’arrière du terrain afin de créer une grande place du parc qui sert de carrefour aux élèves des écoles avoisinantes. Le fait qu’une autorité locale entretienne cette place est un beau geste de renforcement communautaire. Le bâtiment est placé sur un socle pour éviter la clôture obligatoire de deux mètres de haut. Au lieu d’étendre le projet à l’horizontale pour obtenir les relations prévues, nous avons empilé les fonctions pour délimiter le bâtiment. Le vide qui se déploie progressivement vers le haut du bâtiment crée des points de rencontre et des relations, et active les diverses fonctions. »
“Le point positif de l’évolution vers une économie circulaire est que l’idée est de plus en plus portée par un large public, y compris les donneurs d’ordre. »
Un renouvellement permanent
Une des priorités de LAVA Architecten, en tant que cabinet d’architectes, est un renouvellement permanent. « Depuis quelques années, notre portefeuille s’étoffe de projets dédiés à des personnes souffrant d’anomalies cérébrales, congénitales ou non. Il faut trouver une réponse à une demande existentielle très basique, et c’est ce qui rend la trajectoire passionnante. »
Une initiative en cours, qui s’inscrit dans cette quête, est le Label BWMSTR 019 ‘Places de solidarité dans l’espace public’. « Il était possible de postuler avec un propre thème de recherche. Avec l’aide de notre collaborateur Sander Van Duppen, également actif au sein du bureau RuimteVeldWerk qui se focalise sur la recherche d’endroits dans un espace public urbain pour les groupes-cibles difficiles, nous avons avancé la problématique des transmigrants. Quelle contribution – via des aménagements de l’espace public – un architecte peut-il apporter pour améliorer des situations inhumaines souvent poignantes ? Tout d’abord, nous avons inventorié l’infrastructure existante en Flandre. Ensuite, nous avons créé des personae ou personnages fictifs via un processus de conception basé sur un scénario, pour lequel nous avons pu compter sur un accompagnement d’experts de la KULeuven et les contributions de bénévoles, de résidents locaux et même de transmigrants. Dans une troisième phase, nous réalisons actuellement une étude conceptuelle à partir de ces personae. »
La réflexion des administrateurs de LAVA sur le changement climatique s’inscrit aussi dans cette dynamique innovationnelle. « L’approche jusqu’ici à prédominance technologique est depuis longtemps une évidence dans nos conceptions, mais il y a finalement d’autres aspects plus importants, comme le social. Nous croyons dans la force d’un module casco intelligent qui, parfois sans raisonnement et ‘en stoemelings’, génère un mix de fonctions. Dans un contexte urbain, la relation intérieur/extérieur est un facteur important pour prévenir les effets d’ilots de chaleur. Pour les façades, nous recherchons un lien organique envers l’environnement pour atténuer les effets climatiques comme la surchauffe estivale et préserver ou améliorer la biodiversité. »
“Un point sensible est la demande de références parfois limitées à des projets de maximum trois ans. En tant que corps des architectes, il faut mettre ce point à l’agenda avec les priorités utiles. »
Circulaire avant la lettre
La tendance de la construction circulaire est une autre évidence pour le cabinet d’architectes LAVA. Déjà en 2001, les architectes avaient réalisé pour la commune de Bonheiden un centre administratif où il est possible d’apporter des adaptations et des changements de fonctions sans devoir démolir grâce à une conception modulaire, un concept de façade et l’usage de planchers surélevés. Des volets fixes et mobiles en métal déployé, à commande manuelle, régulent l’ensoleillement. Lorsque quelques années plus tard, la seconde phase fut lancée avec la construction d’une bibliothèque adjacente, la commune décida de remplacer plusieurs volets fixes par des modèles mobiles et de placer les volets enlevés à la bibliothèque. « Le point positif de cette évolution vers une économie circulaire est que l’idée est de plus en plus portée par un large public, y compris les donneurs d’ordre. Cela nous motive à réfléchir au haut degré de circularité dans nos futurs projets, y compris dans des secteurs où c’était jadis moins évident. Dernièrement, nous avons présenté un concept dans le secteur de la santé où seul le squelette en béton est fixe, les autres éléments de construction étant conçus pour être démontés. »
« Une étude passionnante, qui n’a malheureusement pas abouti concrètement mais qui fait partie de notre savoir, est notre concept de centre communautaire au Stadsakker de Tienen, où les habitants de la ville peuvent récolter des légumes en échange de leur adhésion. Comme le bâtiment ne devait être là que pour dix ans, nous avions imaginé un ensemble entièrement démontable. Les fondations étaient dévissables, l’étanchéité EPDM était fixée avec des lattes et non collée, les façades modulaires étaient en bois massif, adaptées au transport et louées pour que le fabricant puisse les réutiliser plus tard. Malheureusement, le propriétaire du site, l’hôpital, décida de réaliser une extension, et la demande de permis fut refusée en dernière minute. »
« Nous trouvons si naturel de relever de tels défis que nous ne pouvons que réussir. Dès la création du cabinet, c’était l’une de nos considérations : la réputation plutôt que la publication. La valeur du contenu prévaut sur la valeur de la publication. Mais nous sommes conscients qu’une plus grande visibilité est la meilleure manière de participer au débat. Nous avons encore du travail en perspective. »
Organisation interne
Le cabinet est fondé sur une relation fortement horizontale, où ni l’âge ni l’expérience mais la force d’une idée est décisive. Les dossiers sont traités par un chef de projet/administrateur qui est soutenu par un mentor de projet/administrateur faisant office de caisse de résonance, et si nécessaire de back-up. L’architecte de projet/le collaborateur est à son tour soutenu par le chef de projet, afin que la continuité soit garantie si une personne venait à s’absenter temporairement ou à se tourner vers d’autres horizons. Pour que la charge de travail reste digeste pour les trois administrateurs, la préférence va aux grands projets, qui permettent aussi un travail plus en profondeur. La moitié du temps est consacrée aux tâches de gestion réparties naturellement, et comme nombre d’entre elles se chevauchent, la confiance mutuelle permet d’éviter les longues réunions de travail. Pieter s’active à rechercher des candidatures intéressantes, Tomas veille au planning et aux RH, Thomas s’occupe notamment de l’IT. Le BIM est bien implémenté et Thomas possède une licence pour piloter un drone, ce qui peut être intéressant lors d’inspections de bâtiments pour vérifier la quantité de terres excavées ou établir un rendu réaliste d’une perspective depuis une terrasse en hauteur. La salle des maquettes est un autre un élément essentiel du cabinet, bien que les technologies modernes y soient appliquées pour gagner du temps, notamment l’impression 3D pour réaliser des concepts ou des missions spécifiques.
Le transfert des connaissances est un des grands défis d’un cabinet d’architectes, estiment les administrateurs de LAVA. Chacun a donc l’opportunité de suivre des formations, à condition de transmettre un résumé aux collègues. Un planning strict veille à ce que chaque collaborateur ait un contact avec toutes les facettes d’un projet architectural.
Culture d’entreprise
A l’exception de l’office manager San, tous les collaborateurs sont des indépendants. Un choix qui s’accorde avec la méthode de travail et qui permet d’avoir plus de flexibilité lors d’une participation à des concours. Les collaborateurs sont stimulés à prendre des responsabilités afin que chaque projet soit soutenu conjointement. Le midi, soupe et sandwichs sont offerts à tous. « Autour de la grande table, chacun partage ses intérêts, ses lectures et sa vision sur des thèmes brûlants et moins actuels, ce qui génère une fertilisation croisée et une propre culture de bureau. » Une mobilité rationnelle et durable fait partie de cette culture : le suivi de chantiers a lieu avec les transports en commun et les vélos Blue-bike ou un abonnement Cambio s’il n’y a pas d’autres options. Actuellement, nous étudions l’achat de vélos électriques pliables. Deux fois par an, nous libérons du temps pour l’inspirator: une sortie pour visiter des projets intéressants ou d’autres destinations. « L’hiver dernier, un guide nous a fait visiter la Forêt de Soignes. Il nous a expliqué comment deux variétés de chauves-souris s’étaient développées parce que ces mammifères n’osaient pas traverser un passage pourvu d’un éclairage public intense. C’est apparu par hasard, lors d’une défaillance de l’éclairage, les chauves-souris se sont soudainement retrouvées. Tout un symbole… »
Sélectif lors des concours
Comme déjà évoqué, les concours sont pour LAVA Architecten un moteur pour décrocher des projets. « C’est un investissement parce que lorsque vous êtes sélectionné, vous prestez facilement 500 et 1.000 heures de travail. Il faut donc être pointilleux dans la sélection. Nous savons combien nous pouvons investir chaque année dans les concours et notre taux de réussite est actuellement bon. Pour nous, un concours doit être organisé de manière professionnelle, en plusieurs étapes, faire appel à un bon jury et offrir une compensation minime, bien qu’elle soit généralement symbolique. Les honoraires ne doivent pas non plus être un critère de surpondération. Un point positif est que les donneurs d’ordre ont tendance à limiter la sélection ultime à trois cabinets, ce qui augmente les chances de réussite. Aussi bon à savoir : un organisateur de concours a refusé une inscription parce qu’elle était 20% en dessous du prix d’inscription moyen. La sélection d’un entrepreneur reste un point problématique. Les adjudications alternatives peuvent représenter une solution mais il faut alors prévoir un accompagnement supplémentaire pour le donneur d’ordre parce que les devis sont adaptés à une offre au prix le plus bas. Un système où l’inscription la plus élevée et l’inscription la moins élevée s’annihilent serait, par définition, peut-être plus pertinent. Un autre point sensible est la demande de références parfois limitées à des projets de maximum trois ans. En tant que corps des architectes, il faut mettre ce point à l’agenda avec les priorités utiles. »
Est-il possible de concilier les concours et l’importance de la trajectoire, pour laquelle LAVA Architecten insiste tant ? « Nous présentons d’office une sorte de boîte à outils de cascos flexibles, où l’espace peut être développé selon une série de scénarios, en concertation avec le maître d’ouvrage et l’utilisateur. Bien entendu, le donneur d’ordre doit être intéressé. »
Nous concluons cet entretien avec un regard sur l’avenir de/pour l’architecte. « Il faut actualiser de toute urgence la loi relative à la profession d’architecte, qui doit donner une nouvelle interprétation aux demandes portant sur le monopole, la responsabilité, la charge de travail administrative, les honoraires, les concours, etc. Une partie de la solution devra venir du secteur. Là où nous sommes aujourd’hui le petit frère, nous devons devenir des entreprises fortes et déployer un réseau ad hoc pour occuper une place équivalente à celle de l’entrepreneur. Parce que finalement, la construction nous passionne. »
www.lava-architecten.be
Par Colette Demil et Staf Bellens