UNE RÉGION EN IMAGE
Dimension 55 – février 2020
Le Ministre-président Rudi Vervoort, Région de Bruxelles-Capitale
« Afin de promouvoir la participation, nous travaillons à différentes échelles »

The One, dans la rue de la Loi à Bruxelles, s’inscrit dans le cadre du réaménagement du Quartier européen. La tour d’habitation et de travail, de 22 étages, conçue par B2Ai, abrite 30 000 m² de bureaux, 97 appartements, 900 m² d’espaces commerciaux au rez-de-chaussée et 160 places de parking. Les bureaux répondent à la norme passive ; les logements respectent le critère de basse énergie. La distinction entre appartements et bureaux se traduit dans les façades. Côté habitations il y a des balcons blancs ; les bureaux se situent derrière des éléments de façade noirs et blancs, équipés de protections solaires blanches. Photo © Philippe van Gelooven et B2Ai

Le projet sur le site des anciennes halles de Bruxelles comprend Brucity, le nouveau centre administratif de la Ville de Bruxelles, et la reconstruction de l’ancien ‘Parking 58’ public. Le bâtiment passif compte 37.000 m² de bureaux et 559 places de parking. L’épine dorsale est un cylindre en verre, symbole d’ouverture et de transparence. La conception est signée B2Ai et Bruno Albert Architecte & Associés. Photo © B2Ai et Bruno Albert Architecte & Associés.

Au cœur de Bruxelles, l’emblématique tour de Brouckère recevra un lifting complet. Conix RDBM Architects transforme cette tour de bureaux moderniste en Multi 01, un bâtiment multifonctionnel avec un programme mixte et une valeur ajoutée publique. La transparence, l’accessibilité et le caractère ouvert des espaces extérieurs doivent renforcer l’interaction avec l’environnement, les riverains et les passants. La réutilisation des matériaux existants avait fait l’objet d’une étude préalable par Rotor Deconstruction. Photo © CONIX RDBM Architects

À l’automne 2019, un nouveau complexe immobilier a ouvert ses portes sur le campus de la VUB, avec des salles de classe, des auditoriums, des bureaux, des salles d’exposition et 650 chambres d’étudiants. Les trois bâtiments, respectivement I, X et Y, ont été conçus par Conix RDBM Architects et implantés le long d’une nouvelle avenue qui relie le campus au boulevard du Triomphe. Une gamme limitée de matériaux renforce l’unité entre les bâtiments ; deux tours font office de balise de reconnaissance. Les économies d’énergie, la récupération de chaleur et la durabilité ont été au cœur du choix des installations techniques, des équipements et des matériaux. Photo © Georges De Kinder


Extensa transforme l’ancienne gare de fret de la Gare Maritime, sur le site de Tour & Taxis, en un complexe de grande envergure avec un programme mixte de travail, de shopping et de détente. Neutelings Riedijk Architecten a conservé autant que possible les éléments existants et a retenu comme concept une ville en bois avec des parterres de verdure sous les verrières monumentales de la gare. Les pavillons divisibles se composent d’un rez-de-chaussée, de deux étages et d’un niveau d’insertion sous le toit. Le nouvel agencement respecte les dimensions des halles historiques. Photo © Extensa et Neutelings Riedijk Architecten



La Gare Maritime se compose de trois grandes et de quatre petites halles de gare en acier reliées entre elles, et datant du début du XXe siècle. Le bâtiment fait 280 mètres de long, 140 mètres de large et la verrière la plus haute s’élève à 24 mètres. Douze pavillons en bois indépendants sont abrités sous les toits, et occupent plus de 45 000 m². Plus de 17 000 m² de panneaux solaires assurent la génération d’énergie électrique. Conception : Neutelings Riedijk Architecten. Photo © Extensa et Neutelings Riedijk Architecten


Un consortium de cinq cabinets, composé du chef d’équipe Rafael de La-Hoz Arquitectos (Esp), de Perkins+Will (RU), Latz + Partner Landscape Architecture Urban Planning (All), Tecnica Y Proyectoss (Esp) et MC estudio de Ingenieria (Esp), a remporté le concours international d’architecture organisé par la Commission européenne pour le remplacement d’une partie de ses bâtiments obsolètes du Quartier européen. Le programme prévoit des bureaux pour 5 250 utilisateurs, deux crèches, un centre d’accueil, 3 000 m² de restaurants et boutiques, des espaces publics et des aménagements paysagers. Le nouveau bâtiment devrait consommer 70 % d’énergie en moins que les bureaux actuels de la Commission européenne. Photo © RAFAEL DE LA-HOZ ARQUITECTOS, Perkins+Will UK Limited, Latz + Partner Landscape Architecture Urban Planning, TECNICA Y PROYECTOS S.A. en MC2 ESTUDIO DE INGENIERIA S.L.U..



Vers la mi-2019, a été inauguré à Laeken l’écoquartier modèle Tivoli Green City, un projet conçu par l’association temporaire Adriana (CERAU, Atelier 55, Atlante YY Architecture et Eole). Le nouveau quartier, implanté dans une zone industrielle abandonnée de 4,5 hectares, se compose de 397 logements, deux crèches, des commerces, une place, des jardins communaux et des espaces de détente. Tous les bâtiments sont passifs et au moins 35 % des logements répondent à la norme zéro énergie. La cogénération, les panneaux photovoltaïques, le traitement des eaux grises et un réseau de chauffage urbain réduisent l’empreinte écologique. Photos © Merlin Meuris et citydev.brussels et © Marc Detiffe et citydev.brussels



À hauteur de la rue du Développement et de la rue de la Petite Île, à Anderlecht, se dresse le City Dox d’Atenor, conçu par DDS+, un projet de construction neuve comportant des logements, un centre d’hébergement et de soins, des résidences-services, des magasins, des espaces professionnels et des bureaux. Le projet mixte, implanté dans un environnement verdoyant avec parcs et jardins, est le résultat d’un appel à projets de citydev.brussels. Photo © DDS+ & Partners Pixelab Rest Island
PreviousNextLa Région de Bruxelles-Capitale a vécu une année 2019 intense. Elle a fêté l’an dernier son trentième anniversaire ; elle a reçu tout comme les autres régions, un nouveau gouvernement et a confié, pour cinq ans, à un nouveau Maître-architecte (bMa), le suivi de la qualité architecturale et urbanistique publiques. Dimension a rendu visite à Rudi Vervoort (PS) qui a vu son mandat de ministre-président renouvelé et qui est notamment responsable de l’aménagement du territoire et de la rénovation urbaine.
Nous ne pouvons qu’être entièrement d’accord avec Luckas Vander Taelen lorsqu’il déclare dans son dernier livre sur ‘la ville qu’il aime’ que Bruxelles est la seule métropole que notre pays ait à offrir. Mais cet argument cléde vente a son revers, affirme le ministre-président Rudi Vervoort. « En tant que métropole, nous nous trouvons aujourd’hui devant les mêmes défis que toutes les grandes villes dans le monde : qualité de vie, environnement, logement, emploi, mobilité. En outre, toutes ces facettes sont indissolublement liées les unes aux autres. Nous sommes confrontés à la tendance mondiale d’un nombre croissant de citadins et à une répartition déséquilibrée des richesses, avec une dichotomie sociale entre et souvent aussi au sein des communes. Les résultats des précédentes élections régionales ont souligné une fois de plus que nous devons œuvrer pour une ville durable. Compte tenu de la forte densité de population, il s’agit d’une lourde tâche en ce qui concerne, entre autres, la gestion intelligente des déchets, une meilleure qualité de l’air et la réduction des émissions de CO2 qui sont principalement liées au logement. En ce qui concerne les qualités énergétiques et durables des maisons neuves, nous obtenons d’excellents résultats, mais le parc de logements existant a besoin d’un exercice de rénovation majeur, qui doit être fait en tenant compte de la cohésion sociale. Bref, beaucoup d’investissements sont nécessaires. »
Logement
Le logement constitue le premier grand défi. Depuis sa création en 1989, la Région de Bruxelles-Capitale a vu sa population augmenter d’un quart de million d’habitants. En 2018, elle a réalisé la plus forte croissance démographique de tout le pays, de sorte que le compteur dépassait, début 2019, 1,2 million d’habitants. Et cette tendance se poursuit. Pas étonnant que ce thème occupe une place prépondérante dans l’accord de majorité.
Rudi Vervoort : « Bruxelles est une ville à prédominance locative, et cela ne changera pas de sitôt. En raison du manque de dynamisme économique et des taux d’intérêt bas, les investisseurs se tournent avec un grand intérêt vers l’immobilier résidentiel. Parce qu’ils doivent tirer leur intérêt du prix de la location, celui-ci est en constante augmentation. La politique des taux d’intérêt bas non seulement n’alimente pas la reprise, mais a également un effet pervers sur le plan économique. De nombreux locataires consacrent au loyer une part importante de leurs revenus, un montant qu’ils ne peuvent donc pas consommer. Il en résulte que toute la machine économique est au point mort. »
« En tant que métropole, nous nous trouvons aujourd’hui devant les mêmes défis que toutes les grandes villes dans le monde : qualité de vie, environnement, logement, emploi, mobilité. En outre, toutes ces facettes sont indissolublement liées les unes aux autres. »
« Que voulons-nous faire sur le plan du logement ? Pour commencer, nous finaliserons les initiatives en cours de construction de logements sociaux ainsi que ceux destinés aux classes moyennes, en location ou en accession à la propriété, par le biais de promoteurs immobiliers publics. Ce n’est pas toujours facile, pour un tas de raisons. Je pense entre autres aux procédures fastidieuses d’attribution des contrats d’architecte et d’adjudications publiques ; au fait que toutes les municipalités ne sont pas également intéressées d’accueillir des logements sociaux supplémentaires, ou au fait que dans un centre fortement compacté il n’est pas si facile de créer des logements. C’est pourquoi nous souhaitons lancer un appel aux promoteurs pour l’achat de logements déjà construits, bien sûr avec un suivi strict des coûts. Nous pourrions ainsi bénéficier de logements immédiatement disponibles. Bien entendu, ceci ne constitue pas une solution miracle, car nous n’avons pas les moyens d’acquérir rapidement environ 15.000 logements. Pour donner la possibilité aux jeunes ménages et aux célibataires d’accéder à la propriété, nous avons déjà augmenté l’abattement fiscal. Ainsi l’acheteur n’a pas à payer de frais d’enregistrement sur les premiers 175 000 euros de l’acquisition du premier logement. Plus de 7.000 ménages en bénéficient chaque année pour s’établir durablement dans la Région de Bruxelles. Cet abattement sera revu en tenant compte de l’évolution des prix de l’immobilier. »
« Pour le marché locatif privé, nous étudions la possibilité de conclure un contrat entre locataire et propriétaire, avec la Région comme troisième partenaire. Nous nous inspirons de la façon de travailler des agences immobilières sociales (AIS). Le propriétaire-bailleur s’engage à pratiquer un prix de location bas, conforme à un tableau de location indicatif déjà utilisé par les AIS. En échange, il a droit aux primes de rénovation régionales. Nous voulons ainsi inciter les propriétaires à rendre leur logement conforme sur le plan énergétique, ce qui lui conserve ou augmente sa valeur. On évite ainsi au groupe social le plus défavorisé la double peine de devoir payer des loyers souvent trop chers par rapport à la qualité proposée, et d’avoir en plus à payer une facture énergétique corsée. »
Embourgeoisement ?
La rénovation urbaine part d’un large éventail d’objectifs. L’un d’entre eux est de s’efforcer d’avoir une ville agréable pour les familles de la classe moyenne, qui contribuent ensuite à la viabilité financière de la ville grâce à la fiscalité. Mais dans le sillage de la rénovation urbaine, les grands projets menés à certains endroits menacent de déplacer les groupes faibles et provoquent l’embourgeoisement. Dans quelle mesure Bruxelles se situe-t-elle à cet égard dans une scission, par exemple au niveau du développement de la zone du canal ? Rudi Vervoort : « Je ne vois là aucun problème, entre autres parce que la zone du canal n’est pas homogène. Bien entendu, certains endroits sont plus chers, mais globalement, le développement fournit un parc de logements qui, pour les diverses zones, correspond au marché immobilier local. Je vois une forme d’embourgeoisement se développer plutôt dans des quartiers qui ont historiquement un beau patrimoine, mais qui ont un peu périclité au fil des décennies. On peut citer, par exemple, Saint-Gilles qui, fin 19e début 20e, était un quartier vraiment bourgeois, mais qui a connu, dans les années 1960-70, une spirale descendante, et qui depuis un certain temps remonte à nouveau la pente. Ceux qui y ont acheté une maison dans les années 1980 ont obtenu une grande valeur architecturale pour leur argent et peuvent aujourd’hui se vanter d’une plus-value, parfois d’un facteur dix. C’est également le cas dans certains quartiers de Schaerbeek. Par contre, là où le patrimoine est moyen, comme à Molenbeek, Anderlecht ou Ganshoren, on voit à peine ou pas du tout ce phénomène. »
« Le Maître-architecte est une nécessité. Il garantit une vision objective depuis l’extérieur et contrôle la qualité architecturale, en premier lieu des projets publics. Il se tient également à disposition comme partenaire de discussion pour toute personne qui y est prête. »
« En ce qui concerne la présence d’une classe moyenne, je me réfère aux chiffres récents de la Fédération des notaires, qui montrent que le nombre de transactions immobilières à Bruxelles est très élevé. La métropole connaît une crise du logement, mais non une crise immobilière. À Evere, la commune où j’habite, ou dans des communes comme Forest ou Ganshoren, on trouve clairement une classe moyenne capable d’acquérir son propre logement. Un tout autre phénomène lié à ce marché immobilier dynamique et qui a des conséquences profondes sur notre situation financière, c’est l’internationalisation. Dans de nombreuses constructions récentes, on trouve des locataires internationaux qui, dans de nombreux cas, ne contribuent pas aux revenus de la Région. La population d’Evere a augmenté d’environ 15 000 habitants au cours des deux dernières décennies, mais cela ne se reflète pas dans les revenus. Cette situation n’a pas été prise en compte lors du vote de la loi de financement spéciale très discutée. Les mécanismes de solidarité jouent en effet un rôle, mais comme prévu dans la sixième réforme de l’État, ils expireront en 2025, ce qui représente un énorme défi financier pour Bruxelles. D’une part, nous sommes une métropole qui contribue de manière significative à la richesse économique de ce pays. D’autre part, nous devons tirer nos revenus d’une population relativement pauvre. D’où le débat sur la question de savoir si une partie des revenus générés ici ne devrait pas être restituée à la Région. En fin de compte, les gens qui travaillent à Bruxelles mais paient leurs impôts ailleurs, utilisent nos infrastructures pour créer de la valeur. Lorsqu’on examine notre budget, on voit que le déficit est dû en grande partie aux investissements dans la mobilité et l’infrastructure : l’entretien et la réparation des tunnels, les transports publics. »
Aménagement urbain
Pour les interventions d’aménagement, la Région de Bruxelles dispose d’outils spécifiques tels que le contrat de quartier durable et le contrat de revitalisation urbaine. Selon l’accord de majorité, il y sera ajouté un contrat d’îlot. Le Ministre-président Rudi Vervoort : « L’idée est que nous voulons travailler à différentes échelles. À plus grande échelle, nous pouvons utiliser des contrats de revitalisation urbaine pour des interventions sur le territoire d’au moins deux communes, qui visent à l’aménagement du domaine public et de l’infrastructure urbaine. À plus petite échelle, nous avons des contrats de quartier durables, qui sont destinés à une zone limitée sur le territoire d’une seule commune, et qui peuvent avoir différents objectifs : logement, économie, cohésion sociale, domaine public. Au niveau microéconomique, les administrations de l’aménagement du territoire perspectiv.brussels et de l’urbanisme, du patrimoine et de la revalorisation urbaine urban.brussels étudient actuellement la mise en œuvre d’un troisième instrument, le contrat d’îlot. Il est destiné au financement et à la mise en œuvre d’interventions diverses et très précises, par exemple en ce qui concerne les espaces verts publics, pour lesquels la commune ne dispose pas des ressources nécessaires. Par cette approche, nous voulons augmenter la participation citoyenne et donc la capacité d’intervention. Plus vos interventions sont proches du citoyen, plus son implication est grande. Nous investissons massivement dans la participation à tous nos projets et dans l’élaboration d’instruments politiques tels que Good Move, le nouveau plan de mobilité. Mais parfois, cette transparence n’est pas saisie correctement. Par exemple, lors d’une présentation de projet pour les résidents locaux, on nous a dit que plusieurs de ces réunions avaient eu lieu simultanément. Cela ne devrait pas poser de problème, non ? Cela n’empêche pas les résidents locaux d’assister à la réunion sur le projet qui les touche directement ? A moins qu’il ne s’agisse de participants professionnels évidemment. »
D’une part, nous sommes une métropole qui contribue de manière significative à la richesse économique de ce pays. D’autre part, nous devons tirer nos revenus d’une population relativement pauvre.
Neo
Un autre instrument important, créé il n’y a pas si longtemps, est constitué par les plans d’aménagement directeurs qui définissent le cadre territorial et les règles d’une stratégie urbaine. Cela concerne des zones stratégiques telles que l’ancien site de l’OTAN, Hermann Debroux/Bordet, les anciennes casernes de gendarmerie à proximité des universités bruxelloises, le plateau du Heysel, le poste sud, la rue de la Loi et Mediapark/Reyers. Ces derniers temps, les projecteurs sont surtout braqués sur le projet stratégique Neo, au Heysel. Rudi Vervoort : « Neo est un projet qui se concentre principalement sur la création d’un nouveau hub pour lequel l’accessibilité par les transports publics ira de pair avec la construction de nouvelles lignes de tramway et de métro. Neo est systématiquement réduit à un centre commercial, mais il est beaucoup plus que cela. Neo 1, représente 3000 emplois, 750 logements, un parc public de 9 ha, des infrastructures pour la culture, les loisirs et les sports, et pour finir, un centre commercial. Ce dernier n’est pas conçu comme une galerie marchande traditionnelle, mais comptera diverses unités conçues et exploitées par le groupe Unibail Rodamco Westfield, un acteur de classe mondiale. Celui-ci pourra garantir un agencement attrayant et de haute qualité, permettant de faire du shopping dans la zone la plus touristique du pays, où transitent actuellement cinq millions de visiteurs par an. Il est prévu qu’à terme ce nombre doublera. Une ambition réaliste, compte tenu de sa desserte facile par les transports en commun et sa grande accessibilité. Le centre commercial ne signifiera certainement pas la cannibalisation des autres sites commerciaux de la ville. Au contraire, il y a encore beaucoup de place, car, ces dernières années, les zones commerciales de Bruxelles ont connu une nouvelle vie partout dans la ville. Il suffit de regarder la rue Neuve rénovée, The Mint, la zone piétonne en cours de finition et où les prix de l’immobilier augmentent, ou encore les projets prévus Porte de Namur/Avenue Louise. Le site du Heysel recevra également un coup de pouce supplémentaire grâce à la rénovation des palais du Heysel et à la réalisation de Neo 2, un centre de conférence et un hôtel. Tout cela constitue une arme supplémentaire dans la concurrence féroce que Bruxelles mène dans le monde entier sur le marché du tourisme des réunions et conférences.
« Mais la situation est fort complexe. Le gouvernement flamand refuse de délivrer un permis pour la voie de communication nécessaire, bien que cela ait un impact négatif sur les municipalités périphériques flamandes telles que Wemmel. Apparemment, la Flandre préférerait voir resurgir UPlace, le projet de Bart Verhaeghe, l’homme qui a également torpillé l’idée d’un stade national de football… »
bMa et architecture de qualité
Entre-temps, la Région bruxelloise possède à nouveau depuis dix ans son propre bMa (bouwmeester Maître-architecte), dont le rôle est désormais inscrit dans le Code d’aménagement du territoire bruxellois. Pour éviter des pertes de temps et des refus de permis, les architectes peuvent demander, aujourd’hui, pour les grands projets, une réunion de projet où ils peuvent discuter de ce dernier avec toutes les parties concernées. En outre, pour les projets d’une superficie de plus de 5 000 m², l’avis préalable du Maître-architecte est également requis. Rudi Vervoort : « Le Maître-architecte est une nécessité. Il garantit une vision objective de l’extérieur et contrôle la qualité architecturale, en premier lieu des projets publics. Il se tient également à disposition comme partenaire de discussion pour toute personne qui y est prête. »
« Nous devrions peut-être viser des bâtiments plus emblématiques à certains endroits, à travers des concours d’architecture. »
Le marché privé devrait-il afficher plus d’ambition, comme se plaignait le Maître-architecte Kristiaan Borret ? Rudi Vervoort : « Nous devrions peut-être viser des bâtiments plus emblématiques à certains endroits, à travers des concours d’architecture. » Les choses sont plus difficiles pour les promoteurs. Ils rencontrent rapidement de la résistance et ont souvent des difficultés à obtenir un permis. Plus les projets sont osés, plus grandes sont les chances qu’une opposition surgisse et qu’une procédure soit lancée. Avoir une attitude critique est une bonne chose, mais il faut également tenir compte de l’intérêt public. Les gens plaident parfois pour la préservation d’un certain bâtiment, sans se demander quelle destination alors lui donner. Par exemple, vous ne pouvez pas transformer tous les anciens immeubles de bureaux en logements, car parfois vous avez trop de place perdue, ou vous ne pouvez pas laisser pénétrer suffisamment de lumière du jour, ou encore il y a des éléments structurels qui font obstruction. Et que dire des problèmes énergétiques ? »
Par Colette Demil et Staf Bellens