GROS OEUVRE  
Dimension 81 – septembre 2026

Activer les combles, c’est transformer l’habitation

Il y a de bonnes raisons de vivre en ville : la vie y est animée, les opportunités professionnelles ou de loisirs sont multiples et tout est à portée de main. Le revers de la médaille, c’est qu’il faut parfois faire des compromis en matière de lumière et d’espace. Est-ce vraiment inévitable? D’après Joël Sels de VELUX, presque chaque habitation urbaine recèle un trésor caché: les combles. Une approche holistique permet d’en maximiser le potentiel.

Le grenier de la Maison Orielle, une maison de maître datant de 1900 située à Ixelles, ressemblait à celui de nombreuses autres habitations : sombre, cloisonné en petits recoins et encombré de cartons. « Pour beaucoup de propriétaires, c’est un angle mort », estime Joël Sels. « Ils ne réalisent pas l’espace disponible ni le potentiel. Certes, l’absence fréquente d’un escalier fixe menant au grenier n’aide pas. Pourtant, avec un accès facilité et un apport généreux de lumière et d’air, un nouveau monde peut s’ouvrir. »


L’impact d’une fenêtre de toit
La Maison Orielle illustre parfaitement le point de vue de Joël Sels. Aujourd’hui, les combles abritent une chambre spacieuse, une salle de bains avec baignoire, douche, double lavabo et toilettes, ainsi que des espaces de rangement. Grâce à quatre fenêtres de toit installées de part et d’autre de la toiture, l’espace est baigné de lumière. « C’est logique », explique Joël Sels. « La pente du toit et la position du dernier étage permettent à la lumière de pénétrer plus en profondeur. De plus, le choix de superposer deux fenêtres et d’en orienter quatre vers le nord maximise l’apport lumineux. L’idée selon laquelle les fenêtres doivent absolument être orientées au sud est un mythe : cela peut provoquer une surchauffe, et lorsque le soleil est au zénith, la lumière pénètre moins  profondément. » Placer plusieurs fenêtres côte à côte permet en outre d’accueillir plusieurs fonctions.

Joël Sels souligne que ce n’est pas uniquement une question de lumière. « La position des fenêtres de toit facilite la ventilation croisée et crée un espace fonctionnel supplémentaire sous pente. En exploitant l’épaisseur de la toiture, la ligne des 2 mètres peut être décalée de 50 à 80 cm au niveau d’une ouverture. Même un grenier très étroit peut devenir un espace fonctionnel. »

Une vue globale du biotope
Outre les fenêtres de toit, d’autres éléments sont nécessaires pour moderniser les combles. Citons notamment l’isolation, les panneaux photovoltaïques, les protections solaires, etc. Cela demande une approche globale. « L’objectif est d’optimiser la lumière et la vue grâce à un nombre d’ouvertures adéquat. Leur position et leur orientation sont primordiales. L’avantage, c’est qu’on a besoin de moins d’ouvertures au sud, ce qui permet d’y installer des panneaux photovoltaïques. C’est très complémentaire. » L’intégration de protections solaires extérieures, de capteurs et d’un système d’automatisation contribue à maintenir un climat intérieur agréable. 
Joël Sels recommande de ne pas se limiter au biotope du grenier mais de considérer l’habitation dans son ensemble. « Dans la plupart des cas, le grenier est transformé en une chambre à coucher, comme à la Maison Orielle. Mais si on réalise qu’il s’agit souvent de la pièce la plus lumineuse de la maison, d’autres options sont possibles. Et si on inversait la logique de l’habitation ? Un espace de vie doit-il forcément se trouver au rez-de-chaussée ? C’est dans cette optique que nous souhaitons accompagner les professionnels avec notre service de conseil, et les aider à percevoir le potentiel global d’une habitation. »

Par Elise Noyez - photos Velux

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