GROS OEUVRE  
Dimension 79 – février 2026

Prise de conscience pour un secteur céramique fort et durable en Europe

En tant que représentant de l’industrie céramique européenne, Cerame-Unie est un pilier stratégique de l’économie du continent. Le secteur génère 200.000 emplois directs et soutient l’économie locale, composée à 80% de PME. « Les produits céramiques durables ‘Made in Europe’ subissent actuellement une forte pression en raison de la structure cumulative des coûts », a déclaré Heimo Scheuch, président de Cerame-Unie et CEO de Wienerberger AG, lors de la dernière conférence de l’organisation à Bruxelles, où il figurait parmi les principaux intervenants.

D’après Heimo Scheuch, le secteur se trouve à un tournant décisif. Les ambitions européennes en matière de climat et d’environnement exercent une pression financière considérable sur l’industrie céramique. Parallèlement, des mesures coûteuses sont imposées à l’ensemble des sites de production du continent, tandis que l’innovation est souvent freinée par la bureaucratie européenne. Le secteur est confronté à des défis sans précédent : la volatilité des prix de l’énergie, l’augmentation du coût du carbone et un cadre réglementaire de plus en plus complexe.

Préserver la viabilité et la résilience du secteur

Tous ces facteurs combinés entraînent une hausse inflationniste des coûts de production d’au moins 30 à 40 %. La production et la concurrence en Europe sont difficilement viables. La compétitivité de l’ensemble du secteur céramique, des entreprises qui en dépendent ainsi que les intérêts des consommateurs sont menacés. « Pour préserver la résilience du secteur, la chaîne de valeur de la céramique a urgemment besoin d’une approche harmonisée en matière d’énergie », souligne Heimo Scheuch. « Il faut des prix compétitifs pour le gaz et l’électricité, des coûts stables pour la réduction des émissions de CO2 et une protection renforcée contre les fuites de CO2. Une simplification de la réglementation ETS (Emission Trading System, un mécanisme visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, notamment le CO2), l’accès à des sources d’énergie verte abordables ainsi qu’une plateforme équitable pour le commerce international doivent y contribuer. »

Revoir l’EU ETS pour les petits émetteurs de CO2

Les entreprises doivent s’engager dans la décarbonation, la circularité et l’innovation, mais elles ne peuvent y parvenir sans politiques de soutien et de mesures favorables à l’investissement. « Nous devons éviter la désindustrialisation et la délocalisation des sites de production européens. La compétitivité reste la clé de la croissance locale. Une révision de l’EU ETS pour les entreprises à faibles émissions de CO2 serait un bon premier pas », estime Heimo Scheuch. « Dans les circonstances actuelles, une décarbonation ‘compétitive’ et la réalisation des objectifs climatiques fixés pour 2040 sont clairement irréalisables. L’Europe doit trouver un meilleur équilibre entre l’ambition climatique et la résilience industrielle, et s’atteler de toute urgence à la création d’un climat favorable aux investissements dans le secteur céramique. »
Les deux autres intervenants, Christian Meyre, président de l’European Refractories Producers Federation (PRE) et Graziano Verdi, président de l’European Ceramic Tile Manufacturers Federation (CET), ont relayé ce message.

Par Philip Declercq

www.cerameunie.eu  / www.wienerberger.com